Une prise de terre fonctionne si elle est raccordée de bout en bout et si sa résistance, mesurée par un professionnel, reste compatible avec le différentiel de tête : moins de 100 ohms avec un différentiel 500 mA. Si elle manque, comme dans beaucoup d'immeubles anciens lyonnais, un différentiel 30 mA et une liaison équipotentielle limitent le risque en attendant sa création.
- La terre et le différentiel travaillent ensemble : l'un sans l'autre protège mal.
- Une prise à trois trous ne prouve pas que la terre est raccordée.
- Ni multimètre, ni canalisation d'eau : la mesure et la création de terre sont l'affaire d'un pro.
Dans un appartement ancien de la Croix-Rousse ou du Vieux Lyon, il n'est pas rare de trouver des prises récentes à trois trous branchées sur une installation qui n'a jamais eu de terre. Le logement paraît moderne, la sécurité ne l'est pas. Vérifier la terre est donc l'une des premières étapes d'une mise aux normes de l'installation électrique, avant même de parler de tableau ou de nouveaux circuits.
À quoi sert la prise de terre ?
La prise de terre évacue vers le sol le courant qui s'échappe d'un appareil défectueux. Si un fil dénudé touche la carcasse métallique d'un lave-linge, le courant de défaut emprunte le conducteur de terre au lieu de traverser la personne qui touche l'appareil.
Ce courant de fuite est aussitôt détecté par le dispositif différentiel, qui coupe le circuit. C'est le duo terre et différentiel qui protège contre les contacts indirects, c'est-à-dire le contact avec une masse métallique mise accidentellement sous tension. Sans terre, le courant n'a pas de chemin et peut passer par le corps. Sans différentiel, le défaut n'est pas coupé.
La terre sert aussi à d'autres équipements de protection. Un parafoudre, par exemple, écoule les surtensions vers la terre : sans elle, il ne sert à rien, comme l'explique l'article sur le parafoudre obligatoire.
Source : Promotelec, Mise à la terre des immeubles existants
Quelle valeur de résistance de terre faut-il atteindre ?
La résistance de la prise de terre, notée RA, se mesure en ohms. Plus elle est faible, plus le courant de défaut s'écoule facilement. La valeur admise dépend de la sensibilité du dispositif différentiel placé en tête d'installation, selon la relation IΔn ≤ 50 / RA, où 50 correspond à la tension de contact limite en volts.
| Sensibilité du différentiel de tête (IΔn) | Résistance de terre maximale (RA) |
|---|---|
| 3 A | 17 ohms |
| 1 A | 50 ohms |
| 500 mA | 100 ohms |
| 300 mA | 167 ohms |
| 100 mA | 500 ohms |
Dans un logement, le disjoncteur de branchement est généralement différentiel 500 mA : c'est pourquoi la valeur de 100 ohms est la référence la plus citée. Legrand indique qu'une résistance mesurée entre 0 et 100 ohms assure une sécurité optimale, et que cette mesure doit obligatoirement être réalisée par un professionnel. Promotelec rappelle de son côté que la terre doit rester la plus faible possible compte tenu de la nature du terrain.
Source : Promotelec, Quelle est la résistance minimale de la prise de terre ? et Legrand, Comment brancher la terre sur un tableau électrique ?
Comment savoir si ma prise de terre fonctionne ?
Certains indices se repèrent sans rien démonter. Ils ne remplacent pas une mesure, mais ils disent s'il faut s'inquiéter.
- Des prises n'ont pas de broche de terre, ou certaines pièces n'ont que des prises à deux trous.
- Aucun fil vert et jaune n'arrive au tableau, ou il n'y a pas de bornier de terre visible.
- Le diagnostic électrique signale une prise sans broche de terre, une broche non reliée, un circuit présentant un défaut de mise à la terre ou une absence de mise à la terre.
- Vous ressentez un picotement en touchant un appareil métallique, comme un lave-linge ou un radiateur.
- Le différentiel saute de façon inexpliquée, ou au contraire n'a jamais déclenché malgré un défaut.
- Des prises récentes ont été posées sur une installation ancienne, sans reprise des câbles.
Le bouton « test » de l'interrupteur différentiel vérifie le mécanisme du différentiel, pas la terre. Un différentiel qui déclenche correctement au test peut très bien protéger une installation dont la terre est absente.
La seule réponse fiable est la mesure. Promotelec décrit la méthode des deux piquets comme la mesure de référence, et précise qu'un multimètre universel n'est pas valable pour cet usage. La barrette de mesure, située entre la prise de terre et le bornier principal, permet d'isoler la terre de l'installation pendant le contrôle. En immeuble collectif, la mesure est souvent réalisée barrette fermée, pour ne pas mettre en danger les autres occupants.
Source : Promotelec, Diagnostic électrique obligatoire : comment lire son rapport et Promotelec, Mise à la terre des immeubles existants
Ne démontez jamais une prise ou le tableau pour « voir » si la terre est branchée, et n'ouvrez jamais la barrette de terre : vous priveriez toute l'installation, et parfois tout l'immeuble, de sa protection. Si vous ressentez une décharge en touchant un appareil, débranchez-le s'il est possible de le faire sans le toucher, sinon coupez le courant au disjoncteur général, puis appelez un électricien.
Pourquoi tant de logements anciens à Lyon n'ont-ils pas de terre ?
Promotelec le rappelle : beaucoup d'immeubles anciens ont des installations qui ne répondent plus aux normes actuelles, et la plupart n'ont pas de prise de terre. Lyon en compte un grand nombre. Les immeubles de canuts de la Croix-Rousse, les bâtiments Renaissance du Vieux Lyon ou les haussmanniens de la Presqu'île, des Brotteaux et de Foch ont été électrifiés à une époque où la terre n'était pas exigée dans les logements.
Dans un immeuble, la terre de chaque appartement dépend d'une installation commune : une prise de terre en pied d'immeuble et un conducteur principal de protection, souvent appelé colonne de terre, qui dessert les étages. Si cette colonne n'existe pas, un copropriétaire ne peut pas créer seul une terre conforme pour son lot. Les caves humides des immeubles de bord de Saône et de Rhône compliquent parfois l'accès et l'état des installations en pied d'immeuble.
Promotelec indique qu'en l'absence de travaux prévus dans l'immeuble, il faut avertir le propriétaire ou le syndic par lettre recommandée avec accusé de réception. Pour savoir qui prend en charge quoi entre parties communes et parties privatives, consultez l'article électricité en copropriété : qui paie.
Source : Promotelec, Mise à la terre des immeubles existants
Que faire si la prise de terre manque ou est insuffisante ?
La solution dépend du type de logement et du résultat de la mesure.
| Situation | Solution | Qui décide |
|---|---|---|
| Maison sans prise de terre | Création d'une prise de terre (piquet ou boucle), conducteur de terre, barrette de mesure et bornier principal | Le propriétaire |
| Maison avec terre trop résistante | Ajout de piquets de 2 m minimum, espacés d'au moins 2 m et reliés par un conducteur isolé de 16 mm² ou en cuivre nu de 25 mm² ; ou adaptation de la sensibilité du différentiel | Le propriétaire, après mesure |
| Appartement dans un immeuble avec colonne de terre | Raccordement du tableau du logement à la colonne, puis distribution de la terre sur chaque circuit | Le propriétaire du lot |
| Appartement dans un immeuble sans terre | Création d'une prise de terre et d'une colonne de terre dans les parties communes ; mesures transitoires dans le logement | La copropriété pour les parties communes |
| Terre présente mais non distribuée | Reprise des circuits pour amener le conducteur de terre à chaque prise et point lumineux | Le propriétaire |
En attendant la création d'une terre dans l'immeuble, Promotelec recommande trois mesures transitoires : protéger le logement à son origine par un ou plusieurs différentiels de 30 mA au plus, réaliser dans la cuisine une liaison équipotentielle supplémentaire reliant les canalisations métalliques, les broches de terre des prises et les masses des gros appareils, et signaler l'absence de terre dans le tableau. Ces mesures réduisent le risque, mais ne remplacent pas une terre.
Un point est impératif : les canalisations métalliques d'eau ne doivent servir ni de prise de terre ni de conducteur principal de protection. Leur continuité n'est pas assurée et elles peuvent comporter des parties isolantes.
Source : Promotelec, Mise à la terre des immeubles existants et Promotelec, Réduire la résistance d'une prise de terre trop élevée
La terre se vérifie par une mesure professionnelle, pas à l'œil. Avec un différentiel 500 mA, elle doit rester sous 100 ohms. Si elle manque, un différentiel 30 mA en tête, une liaison équipotentielle dans la cuisine et un signalement au propriétaire ou au syndic sont les premiers réflexes.
Comment se déroule une intervention sur la terre ?
- Le constat. L'électricien repère la présence ou non d'un conducteur de terre, d'un bornier principal et d'une barrette de mesure, et vérifie la continuité jusqu'aux prises.
- La mesure. La résistance de terre est mesurée avec un appareil adapté, puis comparée à la sensibilité du différentiel de tête.
- Le diagnostic écrit. Selon le résultat : terre conforme, terre à améliorer, terre à créer, ou terre présente mais non distribuée.
- Les travaux. Création ou amélioration de la prise de terre, raccordement à la colonne, reprise des circuits, ajout de différentiels 30 mA si nécessaire.
- Le contrôle final. Nouvelle mesure, essai des différentiels et repérage du tableau.
Le raccordement de la terre au tableau suit des règles précises, détaillées dans l'article comment brancher la terre sur un tableau électrique. Ce travail se fait hors tension et reste réservé à un professionnel.
Avant d'acheter ou de louer un appartement ancien, lisez la partie « mise à la terre » du diagnostic électrique. Si l'absence de terre est signalée, renseignez-vous auprès du syndic sur l'existence d'une colonne de terre et sur les travaux votés. C'est souvent ce point qui détermine si la mise en sécurité se fait en quelques jours dans le logement ou si elle dépend d'une décision d'assemblée générale.
Delta Elec intervient à Lyon et dans toute la métropole lyonnaise depuis 2004, auprès des particuliers, des propriétaires bailleurs et des régies, avec du matériel Hager, Schneider Electric et Legrand et sous garantie décennale. Aucun travail n'est réalisé sans votre accord. Si la terre impose de reprendre le tableau, un remplacement de tableau électrique à Lyon peut être chiffré dans le même devis.
Une terre ne se juge ni au nombre de broches ni au bouton test du différentiel : elle se mesure, et la valeur doit être cohérente avec la protection différentielle, soit moins de 100 ohms avec un différentiel 500 mA. Dans les immeubles anciens lyonnais sans colonne de terre, la mise en sécurité passe d'abord par des différentiels 30 mA et une liaison équipotentielle, puis par une démarche auprès du syndic pour créer une terre commune.
Vous doutez de la terre de votre logement ? Appelez votre électricien Delta Elec au 06 35 33 26 06 ou passez par la page contact pour programmer une vérification.




